2022, l’adieu aux poules

L’année 2022 a été riche en émotions… Les gelées ont laissé la place à la sécheresse. Si la période de croissance de la vigne était prometteuse, l’été a été sans pitié et les sols ont tous souffert du manque d’eau. En tant qu’agricultrice, je ne peux pas me plaindre. Nos plantes n’ont pas besoin de beaucoup d’eau et notre culture n’est pas essentielle pour la consommation humaine. Nous ne sommes clairement pas prioritaires. Cela n’empêche pas nos sols de souffrir et avec les excès actuels, nos vignes aussi. En tant qu’administratrice du Gabb Anjou, j’ai pu suivre au plus près le désarroi de nos confrères maraichers, éleveurs… Cela me permet de relativiser nos désagréments. Cependant, il est nécessaire de d’anticiper l’avenir car en tant que vigneronne, je me dois de soutenir mes vignes et mes sols, de les aider et d’avoir aussi de quoi vivre.

Aujourd’hui les publications foisonnent, comme par exemple, le très joli papier vinofutur, commandable sur vinofutur.fr . Elles posent questions et sont force de propositions, mais il n’est pas facile de trouver l’équilibre entre la viabilité économique et les essais pour un meilleur avenir. Ma structure a enfin atteint une taille qui me permet de faire de vrais essais. Je vais donc commencer par lancer un itinéraire de replantation de la vigne, tout en continuant à planter des arbres. L’expérience avec les moutons cette année a été concluante et je suis heureuse que Bérenger des 2 roux de la Loire ait accepté de revenir cet hiver. Les abeilles ont quant à elles souffert des frelons asiatiques très nombreux cette année. Mais elles sont toujours là !
Malheureusement l’expérience de la basse cour a pris fin le 11 décembre dernier. Toutes les poules et canards ont disparu proprement en une nuit. Des renards soigneux, des gens en quêtes de repas de fêtes, je ne saurai jamais mais j’avoue que cela m’invite à repenser tout mon système. Avoir des animaux à la ferme est un engagement prenant et bien différent de celui d’élever des plantes. Je ne pourrai jamais être sur place mais s’il faut en plus des systèmes antivols… Je n’abandonne pas pour autant l’expérience, je prends juste le temps de la repenser. Les premières poules sont arrivées en mai 2018, et ne plus les voir arriver en courant au son du camion après 4 ans et demi de routine, n’est pas facile. Elles avaient leurs petits caractères bien trempé allant jusqu’à tuer des canards trop entreprenants. Les canards étaient plus sauvages et réservés mais ils faisaient partie de l’équipe. C’est un grand vide laissé par Reykjavik, Stockholm, Vilnius, Detroit, Riga, Tallinn, Joburg, Canton, Marans, Rennes, Montreuil, Paris, Jojo, Dédé…

Cette année, les vendanges sont venues vite, une fois les premières pluies de septembre tombées. Les raisins ont été tous magnifiques. Des vendanges de rêves avec de beaux rendements. Une équipe formidable, ou devrais-je dire des équipes formidables. Les jus ont été moins conséquents que ce que les raisins laissaient présager mais ils sont bons. Malheureusement, les pluies semblent avoir lessivé les derniers micro-organismes qui avaient résisté à la sécheresse et les fermentations sont plus laborieuses.

Les salons de fin d’année se sont merveilleusement bien passés. J’ai eu l’agréable surprise de retrouver une clientèle fidèle qui revient chaque année. Je me sens enfin intégrée. Cela ne fait qu’augmenter la pression sur mes épaules tout autant que la joie de faire ce métier. Merci à vous tous.

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2 Replies to “2022, l’adieu aux poules

  1. Bravo, Émilie pour ce courage cette volonté de toujours avancer, d’avoir de si bons résultats malgré tout les aléas de la vie à la campagne , pour nous ce fut 6 poules raflées par un renard que Nougat mon âne à tué d’un coup de sabot en pleine tête !!!
    J’admire tout ce que tu fais, bisous et bon courage……

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