Satanée météo

La saison a filé et elle n’est pas encore terminée. 2021 est une année très mouvementée. Tout a commencé fin février quand la safer m’a contactée pour me dire que mon voisin de parcelle à Val du Layon cherchait à céder la parcelle attenante à la mienne. Après 24h de réflexion et la peur de me retrouver avec la coopérative comme voisine, j’ai pris la décision de m’agrandir à nouveau. Pas du tout à l’ordre du jour. Mes beaux projets s’en sont trouvés bousculés, mais j’ai pu découvrir le temps plein ++ du monde merveilleux des vignerons.

Les esprits du lieu m’ont envoyé la semaine suivante une femme en pleine reconversion et en recherche d’expériences variées ! Ouf ! J’ai pu finir rapidement la taille de mes parcelles et avec son aide, nous avons pu nous atteler à la taille de ces deux hectares supplémentaires pour finir début avril, juste la veille des premières gelées.

J’ai donc enchainé avec des valérianes et des balades angoissées dans mes vignes pendant deux semaines avec les gelées quotidiennes. 30% des ceps de mon ancienne parcelle de Val du layon ont brûlé. Le reste a bien encaissé. Ce n’est rien comparé aux voisins, mais la saison commençait déjà fort.

Côté soins à la vigne, j’ai pu faire mes décoctions de prêle d’avant Pâques, mes 500, mes amendements calcaires (avec le bon calcaire d’Ambillou). Je n’ai pas réussi à broyer les bois de Val du Layon, que j’ai donc brûlés. Ceux de Chalonnes alimentent les barbecues voisins.

Côté cave, j’ai mis en bouteille Maia et Dahlia qui sont partis aussi vite qu’embouteillés. Sappho a suivi en mai et enfin Sha en juin, mais ils ne seront en vente qu’à l’automne. Je me réserve pour les prochains salons. J’ai fait une expérience de vieillissement en bouteilles d’une partie de Dahlia 18, que j’ai arrêté ce printemps. Faire vieillir les vins est tellement magique. Plus de souplesse, plus d’harmonie. J’aimerais pouvoir le faire plus.

L’ébourgeonnage a été un gros chantier cette année entre l’agrandissement et le gel. J’ai encore eu la chance d’être accompagnée pour ces 3,80 ha. Puis les traitements préventifs se sont accélérés. Un par semaine, cuivre, soufre, décoctions de bourdaine, d’osier, d’écorce de chêne, de prêle, tisane de camomille, d’achillée, silice, ortie… les parcelles en bio ont bien tenu et tiennent encore, mais la pression mildiou n’a cessé d’augmenter tout au long de la saison et elle continue encore. L’été ne vient pas. La véraison se fait attendre. Dans les parcelles en conversion, c’est difficile. Celle en N2 tient toujours, elle aussi, mais les nouvelles ont lâché par endroits. C’est une expérience difficile à vivre. Visuellement, tout se dessèche, la vigne soufre, les raisins disparaissent alors que la floraison avait été si belle. Le travail s’intensifie pour contenir ce satané mildiou. Je n’ai jamais autant été dans mes vignes pour des travaux aussi physiques et aussi longs. Je pulvérise encore à dos. Un énorme travail est à prévoir pour l’année prochaine car par endroit le mildiou est entré dans le bois. Il sera aux taquets l’année prochaine.

Dans un registre plus joyeux, les vendanges vont venir doucement, et elles commencent à se préparer avec la formation des équipes. Cette année, je serai accompagnée. Puis avec Mission bocage, le projet de vitiforesterie s’intensifie car nous allons planter à l’automne encore une soixantaine de fruitiers et arbres, arbustes, haies à Val du Layon. J’espère que ces arbres en plus de temporiser les aléas climatiques pourront apporter la diversité et contrarier les maladies du bois. Ils devront aussi nourrir le rucher installé au mois de juin dans les vignes. C’est une magnifique surprise que j’ai eu. Merci Jean et Pierre Yves. Un petit essaim qui est devenu grand et regorge de miel et de couvain aujourd’hui.

Merci aussi à Sandrine Goeyvaerts pour ses gentils mots sur Corail dans le Elle à table d’avril.

Les salons ont repris et les restaurants rouvert. Le salon Canons a encore été une belle édition ! Vivement l’année prochaine. Merci à toutes ! Sibylline escapade m’a invité à une originale présentation de mes vins. J’espère qu’il y en aura d’autres.

Vous pouvez trouver mes vins dans de nouveaux lieux, en plus des anciens qui ont récupéré les nouveaux millésimes :

Le Recif à Pornichet, le tire bouchon angoumoisin à Angoulême et Mauvaise graine à Angers.

Un long silence

2020 a filé, nous a bousculés, perturbés. Inutile de revenir dessus. Mais je réalise aujourd’hui que mes derniers mots datent d’avril dernier. Une année chahutée par l’actualité et par de gros changements au domaine. Ces neuf mois de silence ont été riches en réflexions et prises de décisions. Avec l’acquisition de cette nouvelle parcelle à Val du Layon, il a fallu retrouver un rythme, revoir les objectifs, réfléchir aux adaptations.

J’ai choisi de passer cette grande parcelle en agroforesterie. L’idée est d’utiliser les places laissées par les manquants pour planter des fruitiers et autres arbres rosacées pour casser les problématiques de monoculture, développer les réseaux mycorhiziens, augmenter la biodiversité et créer un espace de vie. Un arbre tous les 12 m, environ. Pour le moment, j’ai planté un trentaine de scions (cormiers, cassissiers, groseilliers, cerisiers, abricotiers, pêchers, pommiers, poiriers, pruniers). Je me sers aussi de la méthode de Yves Herody (agronome-géologue) pour rétablir la vie du sol. Les premières analyses effectuées sont encourageantes : il y a beaucoup de travail de restauration microbienne à faire, cependant le potentiel est là. Je pensais aussi la travailler au cheval, mais un accident est survenu et j’ai perdu mon compagnon de travail (après 15 années ensemble). Sur cette parcelle, deux nouvelles cuvées verront le jour : Sappho (poétesse grecque) en chenin sec et Sha (en souvenir de mon cheval) en cabernet france rouge. Elles sont actuellement élevées en jarre de grès (grande nouveauté au chai !).

La parcelle de Dahlia (pineau d’aunis-cabernet franc) est maintenant passée entièrement sous gestion aviaire. Les poules et canards indiens font un travail intéressant. Surtout en pâturage, ils retournent les mottes en hiver, tondent et régulent les populations d’insectes, mollusques et adventices le printemps et l’automne. La grande haie est toujours source d’humidité, mais il m’est impossible de la gérer.

La parcelle de Zetian et Cocous (chenin) n’a pas été travaillée cette année. J’avais beaucoup de mal à refaire le sol. Il semblerait que ce repos et l’automne lui ont été propices : un beau tapis herbacé s’est enfin mis en place, signe d’un rééquilibrage du sol. Je vais cependant le travailler rapidement, car les vieilles vignes supportent mal cette concurrence. Je réfléchis aussi à un couvert sous le rang qui ne crée pas de faim d’azote; dans l’inter-rang, ce sera des engrais verts. A ce propos, si quelqu’un connait un outil manuel pour rouler et coucher les plantes, j’en cherche un. Les arbres-tétards en bordure apportent une biodiversité incroyable : hérissons, chauves-souris, rouges-gorges, rapaces, lièvres… ils régulent bien la pression des insectes et la proximité des maisons repoussent les chevreuils, renards et sangliers.

La parcelle de Maia et Corail (gamay) va être travaillée en vignes potagères. Je vais y planter quelques légumes afin de pouvoir travailler le sol à des moments différents. Le point noir réside dans le bosquet qui la longe. C’est la porte d’entrée des chevreuils. J’espère qu’ils ne s’intéresseront pas à ces nouvelles plantations.

A la cave, il me reste un peu de Dahlia et de Corail. Corail ? C’est un pétillant naturel rouge de gamay avec une pointe de sucre résiduel, du fruit, de la fraicheur, une belle acidité, une bulle très fine et légère, évanescente. Avec les salons annulés, reportés, les restaurateurs empêchés, j’ai du m’adapter et j’ai développé la vente directe. C’est une expérience nouvelle qui m’a obligée à agrandir mon chai pour avoir un petit bureau, espace de stockage sec, table de dégustation. Tout cela reste très modeste. J’ai aussi amélioré mon savoir-faire en expéditions et livraisons ! N’hésitez plus ! Je suis parée maintenant !

Sinon, le numéro 3 de Chassez le naturel est sorti le mois dernier et Pauline y consacre plusieurs pages sur sa visite ici ! Il faut absolument lui commander un exemplaire ! C’est une revue très esthétique (et avec des sujets trop sympas 😉 ). Ça se passe ici : https://www.chassezlenaturel.net

L’année en images :

Agrandissement

La Tour Brune, c’est 1,95 ha de vignes et de bonheur maintenant ! Je n’ai même pas réussi à atteindre les deux hectares, mais j’y suis presque. J’ai donc deux îlots, un sur Chalonnes sur Loire avec le poulailler et les Cocous (en l’écrivant, je me rend compte que c’est l’ilot des oiseaux finalement, puisque Cocous en patois, ce sont les coucous) et un autre sur Val du Layon avec la Friche. Voici un petit plan interactif de mon nouveau parcellaire.

La Friche est une parcelle plantée il y a 60 ans, avec pas mal de manquants. 1,15 ha au deux tiers de cabernet franc et un tiers de chenin. C’est la même veine de schiste ardoisier qu’à l’îlot des oiseaux, mais il y est plus affleurant encore. Je comptais combler les manquants en plantant des arbres et arbustes, mais le confinement a modifié mes plan(t)s. Cela attendra dorénavant l’automne prochain. Cette parcelle est destinée à être entièrement gérée en agroforesterie. C’est un chouette projet qui me tient à cœur et qui n’est malheureusement pas réalisable dans l’îlot des oiseaux.

Depuis mon dernier billet, j’ai taillé l’ensemble de la famille et commencé à sortir les bois. Les premières décoctions de prêle, achillée, les premières menaces gelées, et autres petits aléas m’ont quelques peu retardée. Ça fait partie du métier de vigneronne. C’est même ce qui fait son charme : travailler avec le vivant.

Le confinement a aussi bien changé le calendrier des rencontres et les quelques bouteilles que j’avais mises de côté pour les prochains salons sont donc disponibles. Il ne reste que Dahlia 2018. Mais c’est de saison ! Si vous en voulez, n’hésitez pas. On trouvera un moyen.

A ce propos, amis nantais, vous pouvez le trouver à l’épicerie équitable, 12 allée de la Bouscarle de Cetti à Nantes.

À Rennes, chez Origines 2 rue de l’Hotel Dieu.

Pour les béarnais, ça se passe à La Légende, 5 rue de l’abbé Duplech à Sauveterre en Béarn.

Et une fois le déconfinement officialisé, allez aussi boire les dernières bouteilles de Maia au Restaurant Caché, 23 villa Riberole à Paris 20e.

Saison des salons

Quelques mois ont coulé depuis mon dernier article. Le temps passe vite. La saison hivernale a débuté par une recherche active de nouvelles parcelles de vignes. Dans mon secteur, elles ne sont que très rarement disponibles et tout se fait par le bouche-à-oreilles. Il faut donc avertir le plus de monde pour espérer quelques retombées. C’est la période parfaite. Les salons sont autant d’occasions de rencontrer des collègues (que l’on voit trop peu) et de propager la rumeur.

Dès décembre, j’ai débuté avec La Boire. L’équipe de Pinards et jus d’Ancenis a eu la gentillesse de m’inviter pour la deuxième année consécutive. Cette année, un nouveau lieu dans Nantes, l’Agronaute ! Magique. Une serre urbaine et sociale, un lieu convivial, moderne et lumineux, un grand espace pour de beaux échanges. Encore de belles découvertes.

Début 2020, j’ai commencé les prospections pour de nouvelles vinifications. Grâce à vos retours, je continue de tracer mon chemin. J’ai donc profité du Sival pour investir dans du matériel de biodynamie en prévision des agrandissements futurs et aussi dans de nouveaux contenants pour la vinification. Une belle jarre en grès pour le futur Zetian.

J’ai eu la chance de découvrir les salons pros d’Angers côté exposants. J’ai ainsi été conviée à Salon Salon, organisé par le célèbre Canon Canon et à La Levée de la Loire. Une effervescence incroyable et des rencontres fabuleuses. J’ai hâte d’avoir suffisamment de vins pour y participer pleinement.

En attendant, vous pouvez trouver mes vins dans de nouveaux lieux :

À ta santé, Ligoninès g. 7, Vilnius, Lituanie

L’Angevigne, 5 rue Saint Etienne, Angers, France

Les petits prés, 6 place du Ralliement, Angers, France

Au fil du vin libre, 26 quai des bateliers, Strasbourg, France

et toujours à la cave Sauvage, 55 rue du chercher-midi, Paris, France

Cet hiver a donc bien été celui des rencontres, je tiens notamment à remercier Mathilde Aumont et Marianne Bourgeois pour leurs articles.

Dans les vignes, la taille a commencé, les piquets de remplacements sont prêts à être enfoncés, les poules et les canards prêts à accueillir des nouveaux.

À la cave, de nouvelles cuvées surprises sont en préparation. Pas de Dahlia 19, par exemple, mais le retour de Cocous. Tout le monde commence son élevage tranquillement.

Clap de fin de vendanges

Ces dernières semaines ont été chargées en émotions et en activités. 

La météo a su se maintenir tant bien que mal pour le retour de Cocous. J’ai ainsi rentrer les belles grappes botrytisées du futur Cocous le 16 octobre dernier. Merci les amis ! Il n’y aura eu qu’une seule trie cette année. J’ai, en effet, choisi de récolter en même temps, les grappes encore saines et peu sucrées pour préserver un peu d’acidité que le climat cherche à nous enlever. Le haut niveau de sucre des grappes les plus avancées promet une belle balance. En tout cas, pour l’aromatique, c’est déjà un magnifique bouquet. La fermentation se passe très bien et je mise sur le refroidissement actuel pour qu’elle s’arrête d’elle même.

Les autres fermentations se terminent. Dahlia est de retour, en petite quantité, mais avec un nouvel équilibre aromatique où le cabernet franc a pu s’exprimer lui aussi. La future cuvée rouge prend son temps. C’est stressant mais elle augure de très beaux arômes.

En octobre, j’ai aussi eu le plaisir de rencontrer certains d’entre vous au Warm-up organisé par l’équipe du Babesday. Ce fût une magnifique soirée où nous avons pu discuter de la place des femmes dans le monde du vin et déguster ensemble. L’ambiance était vraiment sympa. Je suis contente d’y avoir été invitée. Les photos ont été faites par Aishy. Merci à lui.

Je remercie aussi Rustica pour la gentille mise en avant de mes vins dans les menus de la semaine du numéro 2599.

J’ai profité des derniers jours de temps plus doux pour complanter 200 pieds de pineau d’aunis et de gamay. Je n’avais prévu à l’origine de ne faire un essai qu’avec une centaine de pieds, mais les pépinières Viaud m’ont fait une offre que je ne pouvais refuser !

Tout est prêt dans les vignes pour 2020.

Collaboration

Cette année est définitivement sous le signe du partage. J’ai enfin eu l’occasion de sortir de mon cocon avec quelques bouteilles, pour échanger, pour apprendre et pour partager. C’est l’un des plus précieux avantages de cette profession. Un métier solitaire mais fait d’échanges et de rencontres. C’est certainement la raison profonde qui m’a poussée vers cette activité. Le retour à la nature évidemment est ce qui m’a attirée. Le retour à la nature et la convivialité de ce que l’on fabrique. Nous créons dans la nature pour apporter surprise, joie et convivialité. Comme tout processus de création, il y a un temps de repli sur soi, d’introspection. Puis un temps de confrontation, d’appel à l’aide et de don à autrui. Ce qui m’a marquée quand j’ai fait mes premiers pas dans ce milieu, c’est cette conscience collective de la nécessité d’entraide, ou tout du moins de partage. Une sorte de bienveillance professionnelle. Il y a bien sûr des tensions, des guerres de paroisses. Nous sommes loin du monde des bisounours. Mais chacun a conscience à son niveau que seul, on ne peut pas grand chose. En même temps, ce texte vient à la suite de quelques récoltes… sûrement l’effet vendange !

En parlant de partage, j’ai le grand plaisir de vous informer que le premier guide « Vigneronnes, 100 femmes qui font la différence dans les vignes de France » est sorti dans les librairies et Sandrine Goeyvaerts y parle de moi 😉

Le mois d’Août a été calme, excepté le camping sauvage organisé par les chevaux de la parcelle voisine. Ils ont profité des 24h de liberté pour boulotter le pineau… La sécheresse, elle non plus, n’a pas abandonné la partie. Les véraisons se sont faites lentement. Les poules ont vu leur enclos restreint à la portion congrue car elles commençaient à manger les baies les plus mûres. Les maturités se sont bloquées pour mieux accélérer en septembre. De petites récoltes en sont nées. Petites mais au potentiel incroyable. Le gamay a été rentré pour une nouvelle cuvée surprise à venir, puis le pineau d’Aunis et le cabernet franc pour le désormais classique Dahlia. Le tout sous un soleil de plomb. Merci mes amis pour votre aide. Les levures sont maintenant en train de prendre le relais. Je les surveille et les soutiens du mieux que je peux.

Cette année, ce sera aussi le grand retour tant demandé de Cocous. Les belles grappes de chenin patientent encore pour vous offrir d’incroyables bouquets d’arômes. J’ai hâte !

Il y a le ciel, le soleil et la mer

Un mois et demi a passé. Une course folle incroyable.

Les vignes ont bien poussé. Elles n’ont pas trop souffert cette année. Le paillage a du apporter sa petite contribution, les tisanes aussi. La canicule a pourtant frappé fort plusieurs fois. La dernière a été fatale à de nombreuses grappes de chenin : l’échaudage. Le vent chaud et les température sous le soleil à plus de 45°C ont littéralement grillé les grappes exposées au sud. Heureusement, je n’avais pas effeuillé. Les feuilles ont protégé les autres grappes. Pineau, cabernet et gamay ont bien mieux résisté. Ils sont certainement moins exposés. Cela dit, partout, la végétation est complètement desséchée. Même les ronciers en bordure. Seules les vignes vaillantes demeurent. Les poules n’ont plus beaucoup d’insectes à se mettre sous la dent, ni même de petites herbes tendres. Seuls les canards barbotent gaiement dans la mare. Les pluies de ses derniers jours sont bienvenues. Elles vont pouvoir lancer la véraison si elles sont suffisantes.

A la cave, tout est en bouteille. Zetian a été mis le 15 juin. Il est superbe ! Il pourrait encore rester longtemps dans sa bouteille, mais il est si bon qu’il part très vite. Trop vite. Dahlia et Maia aussi. Vous êtes formidables. Il faut que j’organise une dégustation locale au plus vite. Des idées ?

Ce mois-ci, j’ai pu présenter mes vins dans mes terres d’origine. Près de La Rochelle, lors du salon Accords Parfaits, sur l’île de Ré, à Saint Clément des baleines. Peu de monde, mais de très belles rencontres. J’ai ainsi eu le plaisir de rencontre Marie Laborderie, des Coudées Franches. Une belle rencontre, vraiment. Ainsi, Zetian est resté sur La Rochelle, avec elle et il continue de s’y faire connaitre.

C’est maintenant les joies de clôture administrative de la saison 2018, et des questionnement sur les futures vinifications, avant l’arrivée du millésime 2019.

Les renforts sont arrivés

Depuis plus d’un mois maintenant, je compte sur l’aide de cinq poules et deux canards pour me seconder dans la tonte, le désherbage, la régulation des petites bébêtes, l’amendement et le travail du sol. C’est un grand changement qui a été facilité par une erreur de cadastre en ma faveur. J’ai récupéré une bordure de 2 m avec quelques frênes le long des cabernets francs. Un emplacement parfait pour un poulailler et un petit bassin ! Pour le moment, les poules gèrent bien leur territoire. Elles laissent les vignes tranquilles et s’attaquent au sol. J’ai même quelques œufs frais en supplément. Leur nombre ne doit rien au hasard. C’est pile ce qu’il faut pour apporter les 2,4 unités d’azote annuelles nécessaires aux 12 ares de vignes. J’ai clôturé le tout pour les protéger des renards et chiens errants. Et tout se passe au mieux pour l’instant.

Côté vignes, j’avais choisi de ne plus travailler les sols mais mon voisin pensant bien faire a repassé un dernier coup de cultivateur entre les rangs. J’ai testé le couchage sous le rang dans la parcelle de Pineau d’Aunis, en prévision d’un été chaud et sec. Top quand c’est du trèfle mais pas terrible avec les graminées. Il faut que je trouve un autre outil que la bêche. Sinon vive la débroussailleuse !

L’ébourgeonnage est terminé et la fleur débute. Le mois frais a ralenti la pousse mais la vigne est belle. C’est le temps des cueillettes, tisanes et pulvérisations de 500 et 501.

Côté cave, pas grand chose. Zetian goûte super bien. J’en profite pour me mettre à jour sur l’administratif et relancer les impayés…

Ne pas se découvrir d’un fil

La météo a été une nouvelle fois rude. Fin mars, le chenin avait bien débourré suivi de près par le gamay. Les chaleurs d’alors avaient précipité le printemps. Malheureusement, l’hiver s’est rappelé à nous dès le 4 avril avec une première nuit de gel puis une deuxième qui n’ont épargné personne. Les pulvérisations de valériane, d’arnica dans les jours qui ont suivi ont réussi à aider la vigne à surmonter cette fameuse nuit à -3°C. Quelques bourgeons ont grillé avec les premiers rayons du soleil mais le reste s’est redressé doucement et est reparti. Le pineau d’Aunis et le cabernet franc n’ayant quasiment pas débourré à cette date, ils sont restés protégés.

Avec le froid revenu, la vigne a pris son temps pour s’ouvrir. Ce n’est pas plus mal car elle avait cette année encore, de l’avance. Mais un mois après exactement, le 4 mai, le gel s’est invité de nouveau. Moins fort il est vrai. Mais la vigne ayant poussée, elle y était beaucoup plus sensible. Nous avons atteint les 0°C fatidiques et la gelée blanche est revenue. Cette fois, la valériane pulvérisée la veille a suffi à soutenir les deux nuits froides consécutives. Les saints de glace arrivant ce week-end, on peut espérer que nous sommes sauvés pour 2019.

J’ai aussi eu la visite de Max et Alex, les cavistes sportifs de cyclovino. Ils font le tour des vignerons faisant du vin vivant. Tour d’Europe ! N’hésitez pas à suivre leurs aventures sur leur page facebook. Ils sont adorables et courageux. Et en plus, ils m’ont permis d’offrir à Nadège Herbel, une de mes bouteilles, grâce à leur « passe ton vin à ton voisin ».

Côté cave, j’ai pu mettre en bouteille Maia fin mars. Il est donc prêt à être bu. C’est un gamay léger et fruité, facile à boire en toute occasion. C’est vraiment le vin des copains. Il se boit frais dans la convivialité d’un pique nique, d’un apéro ou d’un barbecue. En avril, ça a été au tour de Dahlia, qui est encore un peu fermé depuis. Il est plus frais et plus léger que sa version 2017. J’ai hâte qu’il s’ouvre à nouveau ! J’ai aussi fait l’assemblage de Zetian. Il va pouvoir être mis en bouteille prochainement. Les trois cuvées ont profité du printemps pour se poser et s’équilibrer. Mars était un peu trop tôt pour les présenter. Mais on touche bientôt au but ! Pour fêter ça, j’ai lancé une boutique en ligne sur le site.

Mars et ça repart

Une météo de folie, un printemps impatient qui s’énerve au portillon : de la chaleur, de la pluie et maintenant du vent… Il faut travailler vite, vite et bien. Ces variations climatiques m’ont donné quelques sueurs froides et j’ai accéléré la taille. Je l’ai fini avec de l’aide et quinze jours d’avance, mais les premiers bourgeons dans le coton m’ont donné raison. J’en ai profité pour amender le sol en basalte et en matière organique sur les conseils d’Eric Petiot. Cela devrait participer au ré-équilibrage du sol et à la reprise de sa vie, qui est de plus en plus visible, chaque année.

Les sols sont gorgés d’eau avec les dernières pluies : pas pratique pour le travail du sol mais idéal pour replanter des piquets et refaire une beauté aux parcelles.

A la cave, c’est surtout le salon Canons! Pas facile de présenter des vins pas finis. Pas facile mais formateur ! Je ne le ferai pas tous les jours mais une fois de temps à autre, pourquoi pas. Pour l’anecdote, après m’être entendue dire qu’il fallait absolument en présenter, on m’a dit que je devrais pas le faire mais laisser les gens patienter. Ahah ! Le salon en lui-même a été une belle réussite. 1000 visiteurs, des particuliers, des pros, des locaux, des étrangers… une ambiance incroyable, avec une équipe organisatrice efficace, souriante, aux petits soins, une équipe d’anges ! Des rencontres vigneronnes qui me marqueront et qui marqueront mon futur travail. Mon premier interview presse : France3-région. Hâte de revenir !

Les petits nouveaux ont beaucoup plus. Zetian pour sa complexité et sa singularité, Maia pour son fruit et sa simplicité. J’avais pour l’occasion testé le cirage des bouteilles à la cire d’abeille. Un vrai plaisir ! Elle est très facile à mettre, à enlever et son rendu est très esthétique. En plus, les abeilles travaillent près de chez nous ! Que demander de plus ?!

Maintenant, c’est l’heure des premières décoctions, du travail de sol et des premières vraies mises en bouteille. 2019 n’attend plus.