Le grand débordement

Il a fait chaud ; il a fait froid ; il a plu ; il a venté ; il a grêlé ; il a tonné ; il a de nouveau plu et il fait beau. Mai a été très intense. Cette météo a donné un cadre idéal à la vigne qui a alors, rattrapé le calendrier de 2017. Le mois touche à sa fin et les premières fleurs se préparent dans les parcelles. L’exubérance des végétaux tous azimuts et les éléments déchainés m’ont fait prendre du retard. Le travail du sol a été fait mais l’herbe a vite repris ses droits. Le tirage des bois est terminé et l’ébourgeonnage est toujours en cours. Je ne suis pas en avance.

Dahlia a fini de digérer sa mise en bouteille et s’est rééquilibré. Il a retrouvé son intensité, sa force, ses arômes prononcés de fruits rouges et poivre blanc si typiques du Pineau d’Aunis, son côté légèrement beurré, brioché. Entretemps, ses étiquettes sont arrivées. Au vue des faibles quantités, je n’ai ni eu le choix du type de papier ni eu celui du format. Heureusement, Amélie Patry et Freddy Guédot ont fait un très beau travail sur son graphisme. J’aime beaucoup le résultat. Avec une petite touche de cire en guise de chapeau, tout est fin prêt pour la dégustation ! Dahlia 2017 n’attend plus que vous.

Il faut maintenant envoyer les premières commandes, préparer la mise de Cocous, finaliser les étiquettes de Zelda, ne pas oublier l’Administration, protéger la fleur, dompter l’enherbement, accompagner la vigne… La course n’est pas finie !

1ère mise en bouteille

Le mois d’avril a été celui de la première mise en bouteille du domaine. Dahlia, rosé, vin de France, Pineau d’Aunis – Cabernet Franc, est un vin archinature, sans collage, ni filtrage, ni sulfites ajoutés. La mise en bouteille tardive lui a permis de travailler son élevage et de prendre quelques notes typiques des élevages sur lies. Il faut attendre le mois de juin pour commencer à le déguster.  Cette mise en famille fût un grand moment de joie chargé d’émotions. D’autres mises ne vont pas tarder (Cocous), j’ai hâte !

Le mois d’avril était aussi celui des derniers piochages, des tirages de bois, des récoltes de plantes et des premières pulvérisations : décoction de prêle, tisane reine des prés, extraits fermentés de fougères, de consoude, de luzerne pour accompagner les premières pousses. Les bourgeons étaient dans leurs cotons dès le 2 avril puis en pointes vertes à la moitié du mois. Depuis la pousse ne s’est plus arrêtée.

La formation pépinières suit son cours, toujours aussi riche et chaleureuse. Vivement le mois de juillet pour les prochaines sessions.

 

Être buttée

Le printemps s’est placé sous le signe de la pluie. Les parcelles sont tellement imbibées d’eau qu’il n’est pas envisageable d’y passer des machines. Cela ne modifie pas beaucoup mon quotidien, n’ayant pas d’engins agricoles.

La pluie a du bon; Elle m’a permis de retirer facilement les poteaux à changer; Elle me rend le buttage à la pioche plus aisé. Je n’avais pas pu le faire l’année dernière à cause de la sécheresse. Les parcelles commencent à prendre leur allure bio. Les pulvérisations d’extraits de plantes ont commencé et le débourrement ne devrait plus tarder. Les bourgeons gonflent.

Les lies sont presque toutes prêtes à être livrées à la distillerie. Cette partie « cave » n’est pas facile pour moi. Il faut se lancer et aussi faire preuve d’endurance : y aller et observer, ne rien lâcher et accueillir, se faire confiance et écouter, …

La formation de la CAB Pays de la Loire sur les pépinières suit son cours, toujours aussi enrichissante et celle de la fédération viticole sur les détections des arômes de molécules a commencé. Ce sont tous des moments importants qui permettent de rompre l’isolement du métier, de partager, de comparer, d’apprendre. Ce n’est pas toujours facile de prendre le temps d’y participer mais c’est toujours bénéfique.

 

Côté vignes, côté cave

Côté vignes, la formation pépinière organisée par la Cab a commencé. Une formation précieuse pour pouvoir prendre de bonnes décisions dans le renouvellement des ceps, le choix des porte-greffes, et surtout pour appréhender le métier de pépiniériste et discuter avec lui de toutes les possibilités qui s’offrent à nous, en comprendre toutes les subtilités. Cette année, la taille est déjà terminée. Un peu d’avance pour pouvoir refaire une beauté aux parcelles avant le débourrement. Le temps a été clément, les parcelles sont gorgées d’eau et ont profité pleinement de la vague de froid. L’adoucissement actuel présage d’un réveil rapide.

Côté cave, tout est enfin prêt pour les premiers embouteillages. Le choix s’est finalement porté sur des bouteilles en verre blanc de forme bourguignonne et des bouchons en liège. Le rosé est fin prêt. Les autres poursuivent leurs élevages, avec pour certains quelques bâtonnages.

L’hiver touche à sa fin. La saison redémarre.

Fin d’année et renouveau

L’hiver s’est installé ; la pluie est revenue ; 2017 se termine et prépare le terrain pour 2018 : une pause dans les travaux des parcelles pour bien anticiper le prochain millésime, un état des lieux pour refaire le palissage et mettre à jour les données parcellaires, des temps de formations, voilà décembre qui touche déjà à sa fin.

Les résultats des analyses de sols sont revenus d’Australie. Les parcelles sont très carrencées. Les vignes ont fait un travail formidable en 2017 avec si peu de moyens. Les amendements calcaires étaient judicieux. Il faut maintenant prévoir un compost de fumier, de la dolomite et pour 2018, de nombreux passages d’extraits fermentés ortie et consoude, des hachés de plantes vertes aussi… Il sera nécessaire de commencer tôt et de ne rien lâcher. Ne pas oublier de changer aussi 200 piquets et quelques km de fils.

Les formations de la pause hivernale ont commencé. Au programme cet hiver : taille respectueuse des flux de sève avec Marceau Bourdarias et la CAB pays de la Loire, et couverts végétaux avec Mathieu Archambeaud et l’ATV 49. Ce sont des temps vraiment importants pour mener à bien des reflexions sur le long terme. La formation de Marceau Bourdarias nous a beaucoup chamboulés. La taille ne va pas être évidente cette année !  Mais le solstice est passé, elle va pouvoir commencer.

Côté vins, les élevages suivent leurs cours et se passent bien, si ce n’est l’absence de malo du gamay. Les premières dégustations ont eu lieu et les retours semblent positifs, des vins de plaisirs, de soleil et de partages entre amis, en toute simplicité. Il va falloir penser aux premiers embouteillages.

D’ici là, bonnes fêtes de fin d’année à vous tous.

L’importance de l’entraide

Mois de novembre : préparation du sol, suivi des fins de fermentations, retour au calme progressif et préparation du millésime 2018.

Achevant aussi une année complète en viticulture et mes premiers tâtonnements en vinification, un premier bilan s’impose : sans entraide, ce métier perd beaucoup de sa substance et peut vite devenir un calvaire éprouvant psychologiquement et physiquement. Heureusement, ce n’est pas mon cas, malgré ma timidité assez handicapante, j’ai eu la chance d’être entourée.

Côté travail du sol, Henri et Anthony Bourgeau m’ont enlevé une sacrée épine en me proposant de travailler le sol de mes parcelles en même temps que les leurs, un griffage qui me permet de me consacrer au cavaillon (avec ma pioche). Les parcelles ont donc été à nouveau griffées pour la trêve hivernale. J’en ai profité pour effectuer un petit semis d’hiver à 40kg/ha avec un mélange de trèfles, fenouils, Vesce, luzerne, Sarrasin, Sainfoin… pour préparer le sol pour 2018. Une petite préparation biodynamique pour consolider tout cela. Un peu tard dans la saison, mais heureusement, la douceur s’est prolongée quelques semaines de plus.

Même si j’attends encore les résultats de l’analyse des sols, j’ai finalisé mon amendement calcaire avec les extractions de la carrière de Chateaupanne à Montjean. Je suis aussi en attente d’une validation par les propriétaires pour refaire une partie du palissage.

En attendant, tout est dégrafé, prêt pour les réparations et la taille.

Côté cave, la météo a été avec moi, les premiers liquoreux ayant atteint un bel équilibre, j’ai pu faire une mise au froid avec des nuits à 0°C : juste à sortir la cuve ! Par contre, pas de malo à l’horizon. Le microscope ne montre pas de bactéries… Ca va être dur côté rouge. Une rencontre organisée au Clos de l’élu pour l’installation en bio m’a permis de voir que mêmes les initiés de longue date pouvaient rencontrer mes difficultés. J’ai aussi vu l’organisation de leur cave et notamment leurs amphores. Je me laisserais bien tentée, s’il n’y avait ce problème de perte importante de volume par évaporation. C’est une piste à approfondir.

Les tries d’Octobre

Le mois d’Octobre a été rythmé par les rendez-vous du labo itinérant d’œnologie de la CAB et les tries sur le Chenin.

Une première trie a été faite le 10 Octobre avec un beau potentiel de 18,5°, de magnifiques arômes de fruits exotiques. Une semaine plus tard une seconde trie a donné 22° de potentiel, avec des arômes plus mielleux, plus confits mais tout aussi savoureux. Ce sont en tout 5Hl/Ha de magnifiques Côteaux du Layon en devenir. Ils ont été débourbés à froid 24 heures puis se sont installés pour une douce fermentation, une partie en cuve inox, une partie en dames jeanne. Merci une nouvelle fois aux amis et à la famille pour leur aide généreuse.

Grâce à la Coordination Agrobiologique des Pays de la Loire et notamment Nathalie, Marie et Bertrand, nous avons pu suivre pas à pas les fermentations du Rosé, du Gamay et des Chenins, en analyses potentiel redox, PH, microscope et conseils oenologiques précieux. Nous avons aussi fait le point sur les grands axes à travailler en viticulture pour 2018. La saison 2017 est à peine terminée que celle de 2018 nous réclame ! C’est reparti !

 

Premières vendanges

Les vendanges 2017 ont commencé très vite.

Dès la fin Août, les tests de maturité se sont affolés. Les taux de sucres sont montés en flèche, l’acidité a chuté mais pépins et rafles ont tardé à suivre le mouvement avec le redoux du début de mois. Après de nombreuses tergiversations, c’est finalement le 7 septembre qu’ont commencé celles de la Tour Brune avec les Gamays. Une équipe de choc m’a prêté main forte, prête à toutes les plongées, tête la première… dans les ceps et dans les seaux.

Ce jour là, nous avons pu ramener suffisamment de raisins de belle qualité au chai, équivalent à presque 20hl/ha. Ils ont été traités sans sulfites en macération semi-carbonique pour 9 jours. Le 16 septembre nous avons en famille testé le pressoir avec cette vendange macérée. Elle a été remis aussitôt en fermentation.

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Le 23 septembre, ce fût au tour du Pineau d’Aunis et du Cabernet Franc. Ils ont été vendangés ensemble, le Cabernet Franc paraissant très faible en rendement et le Pineau d’Aunis commençant à souffrir de pourriture acide. Effectivement, seulement l’équivalent de 9hl/ha ont pu être pressés. Après un pressurage direct, ils ont été gardé au frais 18h pour un débourbage léger toujours sans sulfites. La fermentation a démarré 24h après le débourbage. Là encore, des fruits bien mûrs avec beaucoup de sucres, des arômes et un peu plus d’acidité préservé que pour le Gamay.

Merci à tous les bénévoles qui m’ont soutenue dans la bonne humeur ! Le mois d’Octobre sera celui du Chenin.

Accalmie et organisation

Le mois d’Août est bien avancé. C’est le moment de prendre un peu de repos avant la grande course des vendanges. Les raisins se portent bien. L’aoûtement est en cours. Les véraisons se poursuivent. Le temps qui alterne pluie et soleil, jours chauds et plus frais font du bien aux vignes. Avec cette météo, les angoisses liées à l’apparition de jaunissement et de grains un peu rachitiques se dissipent. Les derniers 10mm de pluie ont redonné du vert et du volume à tout cela.

Les derniers travaux dans les vignes ont été fait (un léger rognage et une ou deux tontes). Cette semaine, ce sont les travaux du chai qui touchent à leur fin. Il ne restera plus qu’à faire un grand nettoyage du matériel juste avant les vendanges.

Ces dernières devraient commencer début septembre avec le gamay. Celui-ci est bien sucré et perd son acidité. Il plaît déjà aux chevreuils (malheureusement). La véraison du cabernet franc commence. Il me faut prévoir une autre période de vendanges fin septembre. Elle sera rapide et suivie de près par celle du chenin qui pour le moment se développe bien.