Côté vignes, côté cave

Côté vignes, la formation pépinière organisée par la Cab a commencé. Une formation précieuse pour pouvoir prendre de bonnes décisions dans le renouvellement des ceps, le choix des porte-greffes, et surtout pour appréhender le métier de pépiniériste et discuter avec lui de toutes les possibilités qui s’offrent à nous, en comprendre toutes les subtilités. Cette année, la taille est déjà terminée. Un peu d’avance pour pouvoir refaire une beauté aux parcelles avant le débourrement. Le temps a été clément, les parcelles sont gorgées d’eau et ont profité pleinement de la vague de froid. L’adoucissement actuel présage d’un réveil rapide.

Côté cave, tout est enfin prêt pour les premiers embouteillages. Le choix s’est finalement porté sur des bouteilles en verre blanc de forme bourguignonne et des bouchons en liège. Le rosé est fin prêt. Les autres poursuivent leurs élevages, avec pour certains quelques bâtonnages.

L’hiver touche à sa fin. La saison redémarre.

Fin d’année et renouveau

L’hiver s’est installé ; la pluie est revenue ; 2017 se termine et prépare le terrain pour 2018 : une pause dans les travaux des parcelles pour bien anticiper le prochain millésime, un état des lieux pour refaire le palissage et mettre à jour les données parcellaires, des temps de formations, voilà décembre qui touche déjà à sa fin.

Les résultats des analyses de sols sont revenus d’Australie. Les parcelles sont très carrencées. Les vignes ont fait un travail formidable en 2017 avec si peu de moyens. Les amendements calcaires étaient judicieux. Il faut maintenant prévoir un compost de fumier, de la dolomite et pour 2018, de nombreux passages d’extraits fermentés ortie et consoude, des hachés de plantes vertes aussi… Il sera nécessaire de commencer tôt et de ne rien lâcher. Ne pas oublier de changer aussi 200 piquets et quelques km de fils.

Les formations de la pause hivernale ont commencé. Au programme cet hiver : taille respectueuse des flux de sève avec Marceau Bourdarias et la CAB pays de la Loire, et couverts végétaux avec Mathieu Archambeaud et l’ATV 49. Ce sont des temps vraiment importants pour mener à bien des reflexions sur le long terme. La formation de Marceau Bourdarias nous a beaucoup chamboulés. La taille ne va pas être évidente cette année !  Mais le solstice est passé, elle va pouvoir commencer.

Côté vins, les élevages suivent leurs cours et se passent bien, si ce n’est l’absence de malo du gamay. Les premières dégustations ont eu lieu et les retours semblent positifs, des vins de plaisirs, de soleil et de partages entre amis, en toute simplicité. Il va falloir penser aux premiers embouteillages.

D’ici là, bonnes fêtes de fin d’année à vous tous.

L’importance de l’entraide

Mois de novembre : préparation du sol, suivi des fins de fermentations, retour au calme progressif et préparation du millésime 2018.

Achevant aussi une année complète en viticulture et mes premiers tâtonnements en vinification, un premier bilan s’impose : sans entraide, ce métier perd beaucoup de sa substance et peut vite devenir un calvaire éprouvant psychologiquement et physiquement. Heureusement, ce n’est pas mon cas, malgré ma timidité assez handicapante, j’ai eu la chance d’être entourée.

Côté travail du sol, Henri et Anthony Bourgeau m’ont enlevé une sacrée épine en me proposant de travailler le sol de mes parcelles en même temps que les leurs, un griffage qui me permet de me consacrer au cavaillon (avec ma pioche). Les parcelles ont donc été à nouveau griffées pour la trêve hivernale. J’en ai profité pour effectuer un petit semis d’hiver à 40kg/ha avec un mélange de trèfles, fenouils, Vesce, luzerne, Sarrasin, Sainfoin… pour préparer le sol pour 2018. Une petite préparation biodynamique pour consolider tout cela. Un peu tard dans la saison, mais heureusement, la douceur s’est prolongée quelques semaines de plus.

Même si j’attends encore les résultats de l’analyse des sols, j’ai finalisé mon amendement calcaire avec les extractions de la carrière de Chateaupanne à Montjean. Je suis aussi en attente d’une validation par les propriétaires pour refaire une partie du palissage.

En attendant, tout est dégrafé, prêt pour les réparations et la taille.

Côté cave, la météo a été avec moi, les premiers liquoreux ayant atteint un bel équilibre, j’ai pu faire une mise au froid avec des nuits à 0°C : juste à sortir la cuve ! Par contre, pas de malo à l’horizon. Le microscope ne montre pas de bactéries… Ca va être dur côté rouge. Une rencontre organisée au Clos de l’élu pour l’installation en bio m’a permis de voir que mêmes les initiés de longue date pouvaient rencontrer mes difficultés. J’ai aussi vu l’organisation de leur cave et notamment leurs amphores. Je me laisserais bien tentée, s’il n’y avait ce problème de perte importante de volume par évaporation. C’est une piste à approfondir.

Les tries d’Octobre

Le mois d’Octobre a été rythmé par les rendez-vous du labo itinérant d’œnologie de la CAB et les tries sur le Chenin.

Une première trie a été faite le 10 Octobre avec un beau potentiel de 18,5°, de magnifiques arômes de fruits exotiques. Une semaine plus tard une seconde trie a donné 22° de potentiel, avec des arômes plus mielleux, plus confits mais tout aussi savoureux. Ce sont en tout 5Hl/Ha de magnifiques Côteaux du Layon en devenir. Ils ont été débourbés à froid 24 heures puis se sont installés pour une douce fermentation, une partie en cuve inox, une partie en dames jeanne. Merci une nouvelle fois aux amis et à la famille pour leur aide généreuse.

Grâce à la Coordination Agrobiologique des Pays de la Loire et notamment Nathalie, Marie et Bertrand, nous avons pu suivre pas à pas les fermentations du Rosé, du Gamay et des Chenins, en analyses potentiel redox, PH, microscope et conseils oenologiques précieux. Nous avons aussi fait le point sur les grands axes à travailler en viticulture pour 2018. La saison 2017 est à peine terminée que celle de 2018 nous réclame ! C’est reparti !

 

Premières vendanges

Les vendanges 2017 ont commencé très vite.

Dès la fin Août, les tests de maturité se sont affolés. Les taux de sucres sont montés en flèche, l’acidité a chuté mais pépins et rafles ont tardé à suivre le mouvement avec le redoux du début de mois. Après de nombreuses tergiversations, c’est finalement le 7 septembre qu’ont commencé celles de la Tour Brune avec les Gamays. Une équipe de choc m’a prêté main forte, prête à toutes les plongées, tête la première… dans les ceps et dans les seaux.

Ce jour là, nous avons pu ramener suffisamment de raisins de belle qualité au chai, équivalent à presque 20hl/ha. Ils ont été traités sans sulfites en macération semi-carbonique pour 9 jours. Le 16 septembre nous avons en famille testé le pressoir avec cette vendange macérée. Elle a été remis aussitôt en fermentation.

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Le 23 septembre, ce fût au tour du Pineau d’Aunis et du Cabernet Franc. Ils ont été vendangés ensemble, le Cabernet Franc paraissant très faible en rendement et le Pineau d’Aunis commençant à souffrir de pourriture acide. Effectivement, seulement l’équivalent de 9hl/ha ont pu être pressés. Après un pressurage direct, ils ont été gardé au frais 18h pour un débourbage léger toujours sans sulfites. La fermentation a démarré 24h après le débourbage. Là encore, des fruits bien mûrs avec beaucoup de sucres, des arômes et un peu plus d’acidité préservé que pour le Gamay.

Merci à tous les bénévoles qui m’ont soutenue dans la bonne humeur ! Le mois d’Octobre sera celui du Chenin.

Accalmie et organisation

Le mois d’Août est bien avancé. C’est le moment de prendre un peu de repos avant la grande course des vendanges. Les raisins se portent bien. L’aoûtement est en cours. Les véraisons se poursuivent. Le temps qui alterne pluie et soleil, jours chauds et plus frais font du bien aux vignes. Avec cette météo, les angoisses liées à l’apparition de jaunissement et de grains un peu rachitiques se dissipent. Les derniers 10mm de pluie ont redonné du vert et du volume à tout cela.

Les derniers travaux dans les vignes ont été fait (un léger rognage et une ou deux tontes). Cette semaine, ce sont les travaux du chai qui touchent à leur fin. Il ne restera plus qu’à faire un grand nettoyage du matériel juste avant les vendanges.

Ces dernières devraient commencer début septembre avec le gamay. Celui-ci est bien sucré et perd son acidité. Il plaît déjà aux chevreuils (malheureusement). La véraison du cabernet franc commence. Il me faut prévoir une autre période de vendanges fin septembre. Elle sera rapide et suivie de près par celle du chenin qui pour le moment se développe bien.

 

En attendant la véraison

Le soleil et la chaleur ont marqué ce mois de juillet. Les grappes n’ont pas eu à proprement parlé de stress hydrique. Mais j’ai pu constater, ainsi que d’autres vignerons du secteur comme Jean François Chéné qui m’a transmis son pressoir et quelques bouteilles (merci !), que le chenin semblait marquer le manque d’eau. Les grappes ne sont pas aussi généreuses que ce à quoi on pouvait s’attendre. Elles ne sont pas compactées comme elles le sont d’habitude sur ce cépage.

Malgré tout, j’ai fait une petite vendange en vert. Histoire de concentrer le peu de réserve sur quelques grappes. Le millésime 2017 ne devrait pas manquer d’azote mais mes sols encore peu vivants vont peut-être faire mentir cette observation. Le vignoble est sain, c’est le principal pour le moment. Les derniers traitements cuivre et soufre ont été fait ainsi qu’une 501. Il n’y a plus qu’à tout bien ranger pour l’année prochaine et poursuivre les tontes, surveiller l’aération pour éviter la pourriture. Ranger le matériel de traitements mais ne pas abandonner la vigne.

Ecocert est passé pour faire son audit. Tout semble en ordre et au regard de mes pratiques, la conversion n’est qu’une formalité administrative. C’est tombé juste avant les décisions de notre gouvernement concernant l’arrêt des aides à la conversion bio. Très mauvaise nouvelle pour moi.

J’ai profité du ralentissement de l’activité pour avancer sur le chai. Il est trouvé et en cours de restauration. Nous serons donc localisés à Longhomme sur la commune de Chaudefonds sur Layon. Les cuves inox, le pressoir, la pompe sont arrivés. La chaux a été étalée sur les murs, le sable réparti sur le sol. Il reste encore à finaliser l’ensemble mais le chai prend une belle tournure.

Sur ma parcelle isolée, la véraison pointe. C’est la dernière ligne droite.

En pleine fermeture

C’est la période des fermetures (de grappes). Le gamay est en plein dedans et le chenin suit vaillamment. Voici l’évolution de ce mois-ci :

Le mois de juin a été chaud et sec. Les grappes ont rapidement évolué. Contrairement aux avis éclairés des vignerons aux alentours, les vignes ont fait beaucoup de grappes… Il y a bien plus que les 8hl potentiels envisagés au tout début. Il va falloir adapter l’itinéraire technique pour les prochaines années.

Heureusement, Juin a été un mois sain. Tout un tas de petites bestioles est apparu dans les vignes, des auxiliaires aux nuisibles, des insectes aux mammifères (chevreuils, renards, lièvres mais aussi, poule faisane, perdrix, corbeaux, …). Une très courte sélection d’insectes :

Même s’il n’est pas en bio, mon voisin de parcelles n’utilise plus de pesticides depuis vingt ans. Nous avons donc une zone préservée. La population se régule seule. Quelques grappes ont été touchées par le premier vol d’Eudémis/Cochilis mais très peu et plus rien au deuxième vol. J’ai tout de même ajouté 5ml d’huile essentielle de Lavandin juste avant ce deuxième vol, ceci explique peut-être cela.

Côté maladie, un peu de black Rot, Esca et des jaunissements dûs à la sécheresse. Sur les ceps qui ont donné le plus de grappes, il y a un peu de coulure. Le sol n’a pas été travaillé ce mois-ci : les herbes mortes ayant fait un petit tapis pour conserver l’humidité du matin, les ceps s’en sont mieux portés que sur les zones complètement à nue.

Je n’ai pas écimé non plus, pour ne pas stresser la vigne encore plus. Il va falloir s’y mettre. Un peu d’effeuillage si le redoux se maintient, de rognage… le tout à la main évidemment.

Il faut surtout s’occuper de la cave maintenant. On peut dire qu’elle est presque trouvée, le matériel aussi. Mais rien n’est encore réellement acté. Il est grand temps pourtant !

L’orage gronde

Ce joli mois de Mai aura été à l’opposé de la fin Avril : chaud, vraiment chaud ! Les vignes ont mis beaucoup de temps à se remettre des périodes de gel. Avec quelques tisanes et extraits fermentés (Prêle, Ortie, Consoude, Origan, Thym, Sarriette…), une 500, quelques huiles essentielles de Clou de Girofle et d’Achille Millefeuille, et beaucoup de soleil, tout le monde est reparti de plus belle.

La petite parcelle isolée de cabernet franc et pineau d’Aunis est bien (trop ?) vigoureuse comme le sol et les bois le laissaient supposer. Les deux autres parcelles ont mis plus de temps à se remettre mais tout pousse maintenant. Nous sommes en bouton floraux séparés.

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J’ai effectué mon troisième traitement Cuivre/Soufre, survécu à une panne de pulvérisateur à dos, un dysfonctionnement de buse, une fuite de la combinaison de protection… Ajoutés à mes pulvérisations de tisane, mes dynamisations manuelles et mes passages de motobineuse, je me modèle une silhouette au top pour la plage (bon le bronzage laisse à désirer).

L’ébourgeonnage et l’épamprage se sont fait facilement mais sont à refaire dans la parcelle la plus vigoureuse. Les premiers symptômes de maladies apparaissent : un peu d’esca, une carence en Calcium. Mon nouveau site de référence : Ephytia