L’importance de l’entraide

Mois de novembre : préparation du sol, suivi des fins de fermentations, retour au calme progressif et préparation du millésime 2018.

Achevant aussi une année complète en viticulture et mes premiers tâtonnements en vinification, un premier bilan s’impose : sans entraide, ce métier perd beaucoup de sa substance et peut vite devenir un calvaire éprouvant psychologiquement et physiquement. Heureusement, ce n’est pas mon cas, malgré ma timidité assez handicapante, j’ai eu la chance d’être entourée.

Côté travail du sol, Henri et Anthony Bourgeau m’ont enlevé une sacrée épine en me proposant de travailler le sol de mes parcelles en même temps que les leurs, un griffage qui me permet de me consacrer au cavaillon (avec ma pioche). Les parcelles ont donc été à nouveau griffées pour la trêve hivernale. J’en ai profité pour effectuer un petit semis d’hiver à 40kg/ha avec un mélange de trèfles, fenouils, Vesce, luzerne, Sarrasin, Sainfoin… pour préparer le sol pour 2018. Une petite préparation biodynamique pour consolider tout cela. Un peu tard dans la saison, mais heureusement, la douceur s’est prolongée quelques semaines de plus.

Même si j’attends encore les résultats de l’analyse des sols, j’ai finalisé mon amendement calcaire avec les extractions de la carrière de Chateaupanne à Montjean. Je suis aussi en attente d’une validation par les propriétaires pour refaire une partie du palissage.

En attendant, tout est dégrafé, prêt pour les réparations et la taille.

Côté cave, la météo a été avec moi, les premiers liquoreux ayant atteint un bel équilibre, j’ai pu faire une mise au froid avec des nuits à 0°C : juste à sortir la cuve ! Par contre, pas de malo à l’horizon. Le microscope ne montre pas de bactéries… Ca va être dur côté rouge. Une rencontre organisée au Clos de l’élu pour l’installation en bio m’a permis de voir que mêmes les initiés de longue date pouvaient rencontrer mes difficultés. J’ai aussi vu l’organisation de leur cave et notamment leurs amphores. Je me laisserais bien tentée, s’il n’y avait ce problème de perte importante de volume par évaporation. C’est une piste à approfondir.

En attendant la véraison

Le soleil et la chaleur ont marqué ce mois de juillet. Les grappes n’ont pas eu à proprement parlé de stress hydrique. Mais j’ai pu constater, ainsi que d’autres vignerons du secteur comme Jean François Chéné qui m’a transmis son pressoir et quelques bouteilles (merci !), que le chenin semblait marquer le manque d’eau. Les grappes ne sont pas aussi généreuses que ce à quoi on pouvait s’attendre. Elles ne sont pas compactées comme elles le sont d’habitude sur ce cépage.

Malgré tout, j’ai fait une petite vendange en vert. Histoire de concentrer le peu de réserve sur quelques grappes. Le millésime 2017 ne devrait pas manquer d’azote mais mes sols encore peu vivants vont peut-être faire mentir cette observation. Le vignoble est sain, c’est le principal pour le moment. Les derniers traitements cuivre et soufre ont été fait ainsi qu’une 501. Il n’y a plus qu’à tout bien ranger pour l’année prochaine et poursuivre les tontes, surveiller l’aération pour éviter la pourriture. Ranger le matériel de traitements mais ne pas abandonner la vigne.

Ecocert est passé pour faire son audit. Tout semble en ordre et au regard de mes pratiques, la conversion n’est qu’une formalité administrative. C’est tombé juste avant les décisions de notre gouvernement concernant l’arrêt des aides à la conversion bio. Très mauvaise nouvelle pour moi.

J’ai profité du ralentissement de l’activité pour avancer sur le chai. Il est trouvé et en cours de restauration. Nous serons donc localisés à Longhomme sur la commune de Chaudefonds sur Layon. Les cuves inox, le pressoir, la pompe sont arrivés. La chaux a été étalée sur les murs, le sable réparti sur le sol. Il reste encore à finaliser l’ensemble mais le chai prend une belle tournure.

Sur ma parcelle isolée, la véraison pointe. C’est la dernière ligne droite.

L’orage gronde

Ce joli mois de Mai aura été à l’opposé de la fin Avril : chaud, vraiment chaud ! Les vignes ont mis beaucoup de temps à se remettre des périodes de gel. Avec quelques tisanes et extraits fermentés (Prêle, Ortie, Consoude, Origan, Thym, Sarriette…), une 500, quelques huiles essentielles de Clou de Girofle et d’Achille Millefeuille, et beaucoup de soleil, tout le monde est reparti de plus belle.

La petite parcelle isolée de cabernet franc et pineau d’Aunis est bien (trop ?) vigoureuse comme le sol et les bois le laissaient supposer. Les deux autres parcelles ont mis plus de temps à se remettre mais tout pousse maintenant. Nous sommes en bouton floraux séparés.

104786353_o.png

J’ai effectué mon troisième traitement Cuivre/Soufre, survécu à une panne de pulvérisateur à dos, un dysfonctionnement de buse, une fuite de la combinaison de protection… Ajoutés à mes pulvérisations de tisane, mes dynamisations manuelles et mes passages de motobineuse, je me modèle une silhouette au top pour la plage (bon le bronzage laisse à désirer).

L’ébourgeonnage et l’épamprage se sont fait facilement mais sont à refaire dans la parcelle la plus vigoureuse. Les premiers symptômes de maladies apparaissent : un peu d’esca, une carence en Calcium. Mon nouveau site de référence : Ephytia