Meilleurs vœux 2019

Je vous souhaite à tous une très bonne année 2019 faite de belles découvertes et de délicieuses dégustations.

J’ai profité de la trève hivernale pour vous préparer un petit coin d’accueil dans ma toute petite cave. Un endroit sans prétention mais que j’espère chaleureux.

Les millésimes 2018 sont toujours en élevage. Je vais organiser une petite mise en bouteille de quelques specimens pour pouvoir vous les faire déguster en prime au salon Canons qui aura lieu à Nantes les 9 et 10 mars. Il n’y aura pas Cocous (Chenin moelleux), mais Dahlia (Pineau d’Aunis, Cabernet Franc, rosé sec), et des petits nouveau , Zetian (Chenin sec) et Maia (gamay rouge). C’est l’occasion de vous donner l’origine des noms de cuvées de la Tour Brune.

Cocous est le grand classique du domaine. Le nom est un hommage au lieu et aux vignes de la Tour Brune. Les vignes font depuis plus de 70 ans du Coteaux du Layon. Le nom vient des lieux-dits qui entourent la parcelle. Cocou est un mot en patois angevin pour désigner l’oiseau Coucou. Je n’ai pas fait les démarches pour l’AOC. J’en avais discuté avec l’agent de contrôle qui me confirma que ce n’était peut-être pas judicieux au vue de mes petits rendements. J’ai choisi de rester en Vin de France, mais je voulais que le vin reste un grand classique avec un nom en lien avec son terroir, son histoire et la nature. Ce nom d’oiseau s’est révélé idéal !

Les autres vins sont tous en lien avec des femmes qui ont marqué nos histoires.

Dahlia est une référence à Elizabeth Short et au roman de James Ellroy qu’elle lui a inspiré. Un roman intense, un phrasée sec et profond tout en élégance, comme Lizz, une femme jeune qui n’a pas froid aux yeux, à la vie intense sacrifiant tout pour la réalisation de ses rêves quoi qu’il lui en coûte.

Maia est un hommage à la « Diva de la danse » Maia Plissetskaïa, qui pendant plus de 80 ans a virevolté dans le monde de la danse classique. Elle reste celle qui subjuga par ses sauts incroyables, par la fluidité de ses bras, par sa danse mélangeant subtilement une technique parfaite avec une sensibilité dramatique aigüe.

Zetian s’inspire de Wu Zetian, la seule impératrice régnante d’un des plus anciens et grands empires, celui de Chine. Longtemps auréolée d’une légende noire parce que femme, son histoire a été depuis réévaluée. Elle gouverna un état solide, prospère, à la civilisation raffinée. A l’ambition constante, elle chamboula les règles d’une société confucéenne en imposant fermement une égalité de traitement entre hommes et femmes dans des passages clés de l’existence de chacun.

En Août, débute l’aoûtement

Le temps du mois d’Août a été propice à la vigne. Les périodes de grand beau temps ont permis aux grains touchés par la maladie de sécher, les dernières pluies ont apporté un second souffle aux raisins qui auront cette année plus de jus. La fraicheur matinale s’est installée, l’automne arriverait-il déjà ? Il faut que ce temps dure jusqu’aux vendanges.

La véraison a débuté avec le Gamay au début du mois, pour se poursuivre par le Pineau d’Aunis, le Chenin et enfin le Cabernet Franc. Les premières analyses de maturité viennent juste d’être faites. La date des vendanges se confirme. Encore un peu de patience… Botrytis commence à faire son apparition. Les raisins sont beaux, les grappes pleines, les ceps ont bien avancé leur aoûtement.

Ecocert est passé et le domaine entame donc sa deuxième année de conversion, sans surprise. Quelques compliments au passage, cela ne fait pas de mal.

Côté chai, Zelda a été mis en barrique pour une petite surprise à venir. Cocous est maintenant disponible. Les premiers retours sont excellents. Merci. J’en ai profité pour faire des petites fiches présentant chaque vin.

Un petit coup de peinture, un peu de rangement et le grand nettoyage sont en cours ! Tout va bientôt s’accélérer…

Fermeture en juillet

Les grappes ont profité du mois de juillet pour se fermer. Elles sont prêtes pour la véraison qui pointe son nez côté Gamay. D’après mon calendrier de l’année dernière, je vais avoir un peu plus de temps qu’en 2017 avant les vendanges mais elles arriveront bien tôt tout de même. Enfin, tout dépend de la météo des prochaines semaines. Le début du mois a été celui des dernier traitement et la fin du mois celui de l’effeuillage, rognage ou tressage pour assurer une belle maturité. Chaque parcelle a profité d’une technique différente, histoire de pouvoir comparer un peu en fin de saison. Les premiers retours laissent à penser que le tressage favorise un peu les amas. L’aération y est moins bonne et en année mildiou comme 2018, ce n’est peut-être pas le choix le plus judicieux. Les canicules qui se suivent font souffrir les ceps et certains d’entre eux n’y résistent pas. C’est pourquoi j’ai choisi de rogner certaines parcelles. Il est nécessaire de limiter l’évapotranspiration et donc le nombres de feuilles.

A la cave, Cocous se remet de sa mise en bouteille et est maintenant prêt à être dégusté. Il va être proposé à la vente très prochainement. Dahlia continue à vous plaire et a représenté la Tour Brune pour un grand événement (merci Quentin et Monique pour lui avoir fait confiance pour illuminer votre mariage). Zelda semble avoir atteint un bon équilibre, je vais pouvoir profiter de l’accalmie d’Août pour le mettre en bouteille et pour préparer les vendanges qui débuteront certainement autour du 10-15 septembre.

Quand la fatigue se fait sentir

Le mois de Juin a suivi le rythme imposé par Mai. La course contre les orages semble sans fin. La floraison a débuté tôt cette année dans le Gamay puis a suivi malgré le refroidissement pour les autres cépages.  Il y a beaucoup de grappes  mais beaucoup de soucis aussi. Un peu de coulure climatique à cause de cette floraison dans le froid, de millerandage car certains pieds ont préféré attendre le redoux; le mildiou et le black-rot se sont installés sur les feuilles à la suite des énormes orages. Avec la chaleur, les orages et l’humidité, la pression demeure encore. Il est temps que les grappes se ferment pour souffler un peu. Avec tous ses traitements de tisanes, décoctions et huiles essentielles, les travaux du sol n’ont pas pu être menés à bien : la course continue. Les récoltes de plantes pour assurer les soins ont aussi parsemé l’emploi du temps.

Dans le chai, après avoir essuyé une inondation, il était temps de mettre Cocous en bouteille. Toujours en famille, cette mise en jour fruit, lune descendante et sous le soleil a été une parenthèse enchantée. Cocous est très prometteur. Il se repose maintenant et sera mis en vente en Août. Une petite séance photo dans les foins pour rappeler ses couleurs dorées et hop, à la cave.

Les premiers retours sur Dahlia sont excellents : c’est un vin rosé qui surprend et qui plait. Cela fait vraiment plaisir et donne du courage dans ces moments épuisants.