Agrandissement

La Tour Brune, c’est 1,95 ha de vignes et de bonheur maintenant ! Je n’ai même pas réussi à atteindre les deux hectares, mais j’y suis presque. J’ai donc deux îlots, un sur Chalonnes sur Loire avec le poulailler et les Cocous (en l’écrivant, je me rend compte que c’est l’ilot des oiseaux finalement, puisque Cocous en patois, ce sont les coucous) et un autre sur Val du Layon avec la Friche. Voici un petit plan interactif de mon nouveau parcellaire.

La Friche est une parcelle plantée il y a 60 ans, avec pas mal de manquants. 1,15 ha au deux tiers de cabernet franc et un tiers de chenin. C’est la même veine de schiste ardoisier qu’à l’îlot des oiseaux, mais il y est plus affleurant encore. Je comptais combler les manquants en plantant des arbres et arbustes, mais le confinement a modifié mes plan(t)s. Cela attendra dorénavant l’automne prochain. Cette parcelle est destinée à être entièrement gérée en agroforesterie. C’est un chouette projet qui me tient à cœur et qui n’est malheureusement pas réalisable dans l’îlot des oiseaux.

Depuis mon dernier billet, j’ai taillé l’ensemble de la famille et commencé à sortir les bois. Les premières décoctions de prêle, achillée, les premières menaces gelées, et autres petits aléas m’ont quelques peu retardée. Ça fait partie du métier de vigneronne. C’est même ce qui fait son charme : travailler avec le vivant.

Le confinement a aussi bien changé le calendrier des rencontres et les quelques bouteilles que j’avais mises de côté pour les prochains salons sont donc disponibles. Il ne reste que Dahlia 2018. Mais c’est de saison ! Si vous en voulez, n’hésitez pas. On trouvera un moyen.

A ce propos, amis nantais, vous pouvez le trouver à l’épicerie équitable, 12 allée de la Bouscarle de Cetti à Nantes.

À Rennes, chez Origines 2 rue de l’Hotel Dieu.

Pour les béarnais, ça se passe à La Légende, 5 rue de l’abbé Duplech à Sauveterre en Béarn.

Et une fois le déconfinement officialisé, allez aussi boire les dernières bouteilles de Maia au Restaurant Caché, 23 villa Riberole à Paris 20e.

Être buttée

Le printemps s’est placé sous le signe de la pluie. Les parcelles sont tellement imbibées d’eau qu’il n’est pas envisageable d’y passer des machines. Cela ne modifie pas beaucoup mon quotidien, n’ayant pas d’engins agricoles.

La pluie a du bon; Elle m’a permis de retirer facilement les poteaux à changer; Elle me rend le buttage à la pioche plus aisé. Je n’avais pas pu le faire l’année dernière à cause de la sécheresse. Les parcelles commencent à prendre leur allure bio. Les pulvérisations d’extraits de plantes ont commencé et le débourrement ne devrait plus tarder. Les bourgeons gonflent.

Les lies sont presque toutes prêtes à être livrées à la distillerie. Cette partie « cave » n’est pas facile pour moi. Il faut se lancer et aussi faire preuve d’endurance : y aller et observer, ne rien lâcher et accueillir, se faire confiance et écouter, …

La formation de la CAB Pays de la Loire sur les pépinières suit son cours, toujours aussi enrichissante et celle de la fédération viticole sur les détections des arômes de molécules a commencé. Ce sont tous des moments importants qui permettent de rompre l’isolement du métier, de partager, de comparer, d’apprendre. Ce n’est pas toujours facile de prendre le temps d’y participer mais c’est toujours bénéfique.

 

Péripéties de début de printemps

Les mois de mars et d’avril ont démarré sur les chapeaux de roues. Après plusieurs essais de motoculteurs divers et variés dont mon cher Labor P9 avec son cultivateur, c’est Henri du domaine de la Rossignolerie qui m’a prise en pitié et m’a aidée à préparer les sols. Merci à lui, la sécheresse a vite rendu les sols difficiles à travailler et avec les tassements des années passées, un cheval n’aurait jamais pu travailler dans ces parcelles. J’espère que maintenant il pourra. Moi, armée de ma pioche et Henri, de son tracteur, nous avons fait un beau travail préparatif.

Les fortes chaleurs de mars ont permis aux bourgeons de sortir de leur cachette hivernale dès le 22 mars. Une course folle a alors débuté car dès le 6 avril les feuilles étaient sorties, suivies des grappes le 17 avril.

Nous avons rapidement sorti les bois de taille et nous les avons brûlés pour limiter l’excoriose. Les pulvérisations de prêle se sont bien passées mais la première d’extraits fermentés d’ortie et de consoude a du être retardée, faute de pulvérisateur à dos fonctionnel.

Afin de nous donner un peu de répis et beaucoup de stress, le froid s’invite à nouveau la nuit. Journée chaude, nuit glaciale : un combo pour des gelées dévastatrices. La position de mes parcelles et l’absence d’humidité ont permis aux vignes de la Tour Brune de passer les premières gelées, mais celles de la semaine prochaine s’annoncent sans pitié. Croisons les doigts. L’avantage, c’est que la vigne a ralenti son cycle.

De même, la pluie semble s’inviter à nouveau. Le mildiou et ses amis n’attendaient que ça ! La veille sans relâche pour les pulvérisations de prévention va donc commencer !