Les renforts sont arrivés

Depuis plus d’un mois maintenant, je compte sur l’aide de cinq poules et deux canards pour me seconder dans la tonte, le désherbage, la régulation des petites bébêtes, l’amendement et le travail du sol. C’est un grand changement qui a été facilité par une erreur de cadastre en ma faveur. J’ai récupéré une bordure de 2 m avec quelques frênes le long des cabernets francs. Un emplacement parfait pour un poulailler et un petit bassin ! Pour le moment, les poules gèrent bien leur territoire. Elles laissent les vignes tranquilles et s’attaquent au sol. J’ai même quelques œufs frais en supplément. Leur nombre ne doit rien au hasard. C’est pile ce qu’il faut pour apporter les 2,4 unités d’azote annuelles nécessaires aux 12 ares de vignes. J’ai clôturé le tout pour les protéger des renards et chiens errants. Et tout se passe au mieux pour l’instant.

Côté vignes, j’avais choisi de ne plus travailler les sols mais mon voisin pensant bien faire a repassé un dernier coup de cultivateur entre les rangs. J’ai testé le couchage sous le rang dans la parcelle de Pineau d’Aunis, en prévision d’un été chaud et sec. Top quand c’est du trèfle mais pas terrible avec les graminées. Il faut que je trouve un autre outil que la bêche. Sinon vive la débroussailleuse !

L’ébourgeonnage est terminé et la fleur débute. Le mois frais a ralenti la pousse mais la vigne est belle. C’est le temps des cueillettes, tisanes et pulvérisations de 500 et 501.

Côté cave, pas grand chose. Zetian goûte super bien. J’en profite pour me mettre à jour sur l’administratif et relancer les impayés…

Quand la fatigue se fait sentir

Le mois de Juin a suivi le rythme imposé par Mai. La course contre les orages semble sans fin. La floraison a débuté tôt cette année dans le Gamay puis a suivi malgré le refroidissement pour les autres cépages.  Il y a beaucoup de grappes  mais beaucoup de soucis aussi. Un peu de coulure climatique à cause de cette floraison dans le froid, de millerandage car certains pieds ont préféré attendre le redoux; le mildiou et le black-rot se sont installés sur les feuilles à la suite des énormes orages. Avec la chaleur, les orages et l’humidité, la pression demeure encore. Il est temps que les grappes se ferment pour souffler un peu. Avec tous ses traitements de tisanes, décoctions et huiles essentielles, les travaux du sol n’ont pas pu être menés à bien : la course continue. Les récoltes de plantes pour assurer les soins ont aussi parsemé l’emploi du temps.

Dans le chai, après avoir essuyé une inondation, il était temps de mettre Cocous en bouteille. Toujours en famille, cette mise en jour fruit, lune descendante et sous le soleil a été une parenthèse enchantée. Cocous est très prometteur. Il se repose maintenant et sera mis en vente en Août. Une petite séance photo dans les foins pour rappeler ses couleurs dorées et hop, à la cave.

Les premiers retours sur Dahlia sont excellents : c’est un vin rosé qui surprend et qui plait. Cela fait vraiment plaisir et donne du courage dans ces moments épuisants.

En pleine fermeture

C’est la période des fermetures (de grappes). Le gamay est en plein dedans et le chenin suit vaillamment. Voici l’évolution de ce mois-ci :

Le mois de juin a été chaud et sec. Les grappes ont rapidement évolué. Contrairement aux avis éclairés des vignerons aux alentours, les vignes ont fait beaucoup de grappes… Il y a bien plus que les 8hl potentiels envisagés au tout début. Il va falloir adapter l’itinéraire technique pour les prochaines années.

Heureusement, Juin a été un mois sain. Tout un tas de petites bestioles est apparu dans les vignes, des auxiliaires aux nuisibles, des insectes aux mammifères (chevreuils, renards, lièvres mais aussi, poule faisane, perdrix, corbeaux, …). Une très courte sélection d’insectes :

Même s’il n’est pas en bio, mon voisin de parcelles n’utilise plus de pesticides depuis vingt ans. Nous avons donc une zone préservée. La population se régule seule. Quelques grappes ont été touchées par le premier vol d’Eudémis/Cochilis mais très peu et plus rien au deuxième vol. J’ai tout de même ajouté 5ml d’huile essentielle de Lavandin juste avant ce deuxième vol, ceci explique peut-être cela.

Côté maladie, un peu de black Rot, Esca et des jaunissements dûs à la sécheresse. Sur les ceps qui ont donné le plus de grappes, il y a un peu de coulure. Le sol n’a pas été travaillé ce mois-ci : les herbes mortes ayant fait un petit tapis pour conserver l’humidité du matin, les ceps s’en sont mieux portés que sur les zones complètement à nue.

Je n’ai pas écimé non plus, pour ne pas stresser la vigne encore plus. Il va falloir s’y mettre. Un peu d’effeuillage si le redoux se maintient, de rognage… le tout à la main évidemment.

Il faut surtout s’occuper de la cave maintenant. On peut dire qu’elle est presque trouvée, le matériel aussi. Mais rien n’est encore réellement acté. Il est grand temps pourtant !