Ne pas se découvrir d’un fil

La météo a été une nouvelle fois rude. Fin mars, le chenin avait bien débourré suivi de près par le gamay. Les chaleurs d’alors avaient précipité le printemps. Malheureusement, l’hiver s’est rappelé à nous dès le 4 avril avec une première nuit de gel puis une deuxième qui n’ont épargné personne. Les pulvérisations de valériane, d’arnica dans les jours qui ont suivi ont réussi à aider la vigne à surmonter cette fameuse nuit à -3°C. Quelques bourgeons ont grillé avec les premiers rayons du soleil mais le reste s’est redressé doucement et est reparti. Le pineau d’Aunis et le cabernet franc n’ayant quasiment pas débourré à cette date, ils sont restés protégés.

Avec le froid revenu, la vigne a pris son temps pour s’ouvrir. Ce n’est pas plus mal car elle avait cette année encore, de l’avance. Mais un mois après exactement, le 4 mai, le gel s’est invité de nouveau. Moins fort il est vrai. Mais la vigne ayant poussée, elle y était beaucoup plus sensible. Nous avons atteint les 0°C fatidiques et la gelée blanche est revenue. Cette fois, la valériane pulvérisée la veille a suffi à soutenir les deux nuits froides consécutives. Les saints de glace arrivant ce week-end, on peut espérer que nous sommes sauvés pour 2019.

J’ai aussi eu la visite de Max et Alex, les cavistes sportifs de cyclovino. Ils font le tour des vignerons faisant du vin vivant. Tour d’Europe ! N’hésitez pas à suivre leurs aventures sur leur page facebook. Ils sont adorables et courageux. Et en plus, ils m’ont permis d’offrir à Nadège Herbel, une de mes bouteilles, grâce à leur « passe ton vin à ton voisin ».

Côté cave, j’ai pu mettre en bouteille Maia fin mars. Il est donc prêt à être bu. C’est un gamay léger et fruité, facile à boire en toute occasion. C’est vraiment le vin des copains. Il se boit frais dans la convivialité d’un pique nique, d’un apéro ou d’un barbecue. En avril, ça a été au tour de Dahlia, qui est encore un peu fermé depuis. Il est plus frais et plus léger que sa version 2017. J’ai hâte qu’il s’ouvre à nouveau ! J’ai aussi fait l’assemblage de Zetian. Il va pouvoir être mis en bouteille prochainement. Les trois cuvées ont profité du printemps pour se poser et s’équilibrer. Mars était un peu trop tôt pour les présenter. Mais on touche bientôt au but ! Pour fêter ça, j’ai lancé une boutique en ligne sur le site.

Péripéties de début de printemps

Les mois de mars et d’avril ont démarré sur les chapeaux de roues. Après plusieurs essais de motoculteurs divers et variés dont mon cher Labor P9 avec son cultivateur, c’est Henri du domaine de la Rossignolerie qui m’a prise en pitié et m’a aidée à préparer les sols. Merci à lui, la sécheresse a vite rendu les sols difficiles à travailler et avec les tassements des années passées, un cheval n’aurait jamais pu travailler dans ces parcelles. J’espère que maintenant il pourra. Moi, armée de ma pioche et Henri, de son tracteur, nous avons fait un beau travail préparatif.

Les fortes chaleurs de mars ont permis aux bourgeons de sortir de leur cachette hivernale dès le 22 mars. Une course folle a alors débuté car dès le 6 avril les feuilles étaient sorties, suivies des grappes le 17 avril.

Nous avons rapidement sorti les bois de taille et nous les avons brûlés pour limiter l’excoriose. Les pulvérisations de prêle se sont bien passées mais la première d’extraits fermentés d’ortie et de consoude a du être retardée, faute de pulvérisateur à dos fonctionnel.

Afin de nous donner un peu de répis et beaucoup de stress, le froid s’invite à nouveau la nuit. Journée chaude, nuit glaciale : un combo pour des gelées dévastatrices. La position de mes parcelles et l’absence d’humidité ont permis aux vignes de la Tour Brune de passer les premières gelées, mais celles de la semaine prochaine s’annoncent sans pitié. Croisons les doigts. L’avantage, c’est que la vigne a ralenti son cycle.

De même, la pluie semble s’inviter à nouveau. Le mildiou et ses amis n’attendaient que ça ! La veille sans relâche pour les pulvérisations de prévention va donc commencer !