Le grand débordement

Il a fait chaud ; il a fait froid ; il a plu ; il a venté ; il a grêlé ; il a tonné ; il a de nouveau plu et il fait beau. Mai a été très intense. Cette météo a donné un cadre idéal à la vigne qui a alors, rattrapé le calendrier de 2017. Le mois touche à sa fin et les premières fleurs se préparent dans les parcelles. L’exubérance des végétaux tous azimuts et les éléments déchainés m’ont fait prendre du retard. Le travail du sol a été fait mais l’herbe a vite repris ses droits. Le tirage des bois est terminé et l’ébourgeonnage est toujours en cours. Je ne suis pas en avance.

Dahlia a fini de digérer sa mise en bouteille et s’est rééquilibré. Il a retrouvé son intensité, sa force, ses arômes prononcés de fruits rouges et poivre blanc si typiques du Pineau d’Aunis, son côté légèrement beurré, brioché. Entretemps, ses étiquettes sont arrivées. Au vue des faibles quantités, je n’ai ni eu le choix du type de papier ni eu celui du format. Heureusement, Amélie Patry et Freddy Guédot ont fait un très beau travail sur son graphisme. J’aime beaucoup le résultat. Avec une petite touche de cire en guise de chapeau, tout est fin prêt pour la dégustation ! Dahlia 2017 n’attend plus que vous.

Il faut maintenant envoyer les premières commandes, préparer la mise de Cocous, finaliser les étiquettes de Zelda, ne pas oublier l’Administration, protéger la fleur, dompter l’enherbement, accompagner la vigne… La course n’est pas finie !

Fin d’année et renouveau

L’hiver s’est installé ; la pluie est revenue ; 2017 se termine et prépare le terrain pour 2018 : une pause dans les travaux des parcelles pour bien anticiper le prochain millésime, un état des lieux pour refaire le palissage et mettre à jour les données parcellaires, des temps de formations, voilà décembre qui touche déjà à sa fin.

Les résultats des analyses de sols sont revenus d’Australie. Les parcelles sont très carrencées. Les vignes ont fait un travail formidable en 2017 avec si peu de moyens. Les amendements calcaires étaient judicieux. Il faut maintenant prévoir un compost de fumier, de la dolomite et pour 2018, de nombreux passages d’extraits fermentés ortie et consoude, des hachés de plantes vertes aussi… Il sera nécessaire de commencer tôt et de ne rien lâcher. Ne pas oublier de changer aussi 200 piquets et quelques km de fils.

Les formations de la pause hivernale ont commencé. Au programme cet hiver : taille respectueuse des flux de sève avec Marceau Bourdarias et la CAB pays de la Loire, et couverts végétaux avec Mathieu Archambeaud et l’ATV 49. Ce sont des temps vraiment importants pour mener à bien des reflexions sur le long terme. La formation de Marceau Bourdarias nous a beaucoup chamboulés. La taille ne va pas être évidente cette année !  Mais le solstice est passé, elle va pouvoir commencer.

Côté vins, les élevages suivent leurs cours et se passent bien, si ce n’est l’absence de malo du gamay. Les premières dégustations ont eu lieu et les retours semblent positifs, des vins de plaisirs, de soleil et de partages entre amis, en toute simplicité. Il va falloir penser aux premiers embouteillages.

D’ici là, bonnes fêtes de fin d’année à vous tous.

L’importance de l’entraide

Mois de novembre : préparation du sol, suivi des fins de fermentations, retour au calme progressif et préparation du millésime 2018.

Achevant aussi une année complète en viticulture et mes premiers tâtonnements en vinification, un premier bilan s’impose : sans entraide, ce métier perd beaucoup de sa substance et peut vite devenir un calvaire éprouvant psychologiquement et physiquement. Heureusement, ce n’est pas mon cas, malgré ma timidité assez handicapante, j’ai eu la chance d’être entourée.

Côté travail du sol, Henri et Anthony Bourgeau m’ont enlevé une sacrée épine en me proposant de travailler le sol de mes parcelles en même temps que les leurs, un griffage qui me permet de me consacrer au cavaillon (avec ma pioche). Les parcelles ont donc été à nouveau griffées pour la trêve hivernale. J’en ai profité pour effectuer un petit semis d’hiver à 40kg/ha avec un mélange de trèfles, fenouils, Vesce, luzerne, Sarrasin, Sainfoin… pour préparer le sol pour 2018. Une petite préparation biodynamique pour consolider tout cela. Un peu tard dans la saison, mais heureusement, la douceur s’est prolongée quelques semaines de plus.

Même si j’attends encore les résultats de l’analyse des sols, j’ai finalisé mon amendement calcaire avec les extractions de la carrière de Chateaupanne à Montjean. Je suis aussi en attente d’une validation par les propriétaires pour refaire une partie du palissage.

En attendant, tout est dégrafé, prêt pour les réparations et la taille.

Côté cave, la météo a été avec moi, les premiers liquoreux ayant atteint un bel équilibre, j’ai pu faire une mise au froid avec des nuits à 0°C : juste à sortir la cuve ! Par contre, pas de malo à l’horizon. Le microscope ne montre pas de bactéries… Ca va être dur côté rouge. Une rencontre organisée au Clos de l’élu pour l’installation en bio m’a permis de voir que mêmes les initiés de longue date pouvaient rencontrer mes difficultés. J’ai aussi vu l’organisation de leur cave et notamment leurs amphores. Je me laisserais bien tentée, s’il n’y avait ce problème de perte importante de volume par évaporation. C’est une piste à approfondir.

L’orage gronde

Ce joli mois de Mai aura été à l’opposé de la fin Avril : chaud, vraiment chaud ! Les vignes ont mis beaucoup de temps à se remettre des périodes de gel. Avec quelques tisanes et extraits fermentés (Prêle, Ortie, Consoude, Origan, Thym, Sarriette…), une 500, quelques huiles essentielles de Clou de Girofle et d’Achille Millefeuille, et beaucoup de soleil, tout le monde est reparti de plus belle.

La petite parcelle isolée de cabernet franc et pineau d’Aunis est bien (trop ?) vigoureuse comme le sol et les bois le laissaient supposer. Les deux autres parcelles ont mis plus de temps à se remettre mais tout pousse maintenant. Nous sommes en bouton floraux séparés.

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J’ai effectué mon troisième traitement Cuivre/Soufre, survécu à une panne de pulvérisateur à dos, un dysfonctionnement de buse, une fuite de la combinaison de protection… Ajoutés à mes pulvérisations de tisane, mes dynamisations manuelles et mes passages de motobineuse, je me modèle une silhouette au top pour la plage (bon le bronzage laisse à désirer).

L’ébourgeonnage et l’épamprage se sont fait facilement mais sont à refaire dans la parcelle la plus vigoureuse. Les premiers symptômes de maladies apparaissent : un peu d’esca, une carence en Calcium. Mon nouveau site de référence : Ephytia

Péripéties de début de printemps

Les mois de mars et d’avril ont démarré sur les chapeaux de roues. Après plusieurs essais de motoculteurs divers et variés dont mon cher Labor P9 avec son cultivateur, c’est Henri du domaine de la Rossignolerie qui m’a prise en pitié et m’a aidée à préparer les sols. Merci à lui, la sécheresse a vite rendu les sols difficiles à travailler et avec les tassements des années passées, un cheval n’aurait jamais pu travailler dans ces parcelles. J’espère que maintenant il pourra. Moi, armée de ma pioche et Henri, de son tracteur, nous avons fait un beau travail préparatif.

Les fortes chaleurs de mars ont permis aux bourgeons de sortir de leur cachette hivernale dès le 22 mars. Une course folle a alors débuté car dès le 6 avril les feuilles étaient sorties, suivies des grappes le 17 avril.

Nous avons rapidement sorti les bois de taille et nous les avons brûlés pour limiter l’excoriose. Les pulvérisations de prêle se sont bien passées mais la première d’extraits fermentés d’ortie et de consoude a du être retardée, faute de pulvérisateur à dos fonctionnel.

Afin de nous donner un peu de répis et beaucoup de stress, le froid s’invite à nouveau la nuit. Journée chaude, nuit glaciale : un combo pour des gelées dévastatrices. La position de mes parcelles et l’absence d’humidité ont permis aux vignes de la Tour Brune de passer les premières gelées, mais celles de la semaine prochaine s’annoncent sans pitié. Croisons les doigts. L’avantage, c’est que la vigne a ralenti son cycle.

De même, la pluie semble s’inviter à nouveau. Le mildiou et ses amis n’attendaient que ça ! La veille sans relâche pour les pulvérisations de prévention va donc commencer !

Travail du sol et les joies de la conversion

La taille touche à sa fin en ce joli début de mois de mars. Avec la météo que nous avons eu, tout se précipite, le débourrement fait parler de lui, la pluie s’installe, les créneaux pour travailler le sol se raréfient et cerise sur le gateau…

L’état des lieux des parcelles est finalisé : le palissage est vraiment inexistant; les racines se sont installées à 5 cm de la surface d’un sol limoneux compacté. Sur la parcelle des chenins sextagénaires, la roche-mère schisteuse est sous 40cm de limon avec des graviers et compacté par les passages des tracteurs. Sur la parcelle des gamay cinquantenaires, le sol limoneux, avec des graviers, descend à 70cm. Malheureusement, ces deux parcelles sont toutes grises. Un gros travail de réanimation du sol est à prévoir à l’automne. En attendant, les cabernet franc et pineau d’Aunis trentenaires sont sur un sol argilo-limoneux de 90 cm avec des graviers en surface mais plus dans la partie argileuse. Sa couleur est ocre-brun. Sa minéralisation semble correcte.

Les ronces clairsemées, les graminés de la jeune parcelle et les racines superficielles vont m’obliger à travailler vite et à la main. Je vais essayer la motobineuse dont les bêches me rappellent les disques émotteurs.

Il faut vraiment que j’amène de la terre sous le cavaillon sans toucher les racines. Croisons les doigts pour que ça marche.